🔊 Son ou sont : les astuces « étaient » et « mon » pour ne plus hésiter

💡 Pense-bêtes & mémorisation 📅 10 septembre 2026⏱️ 7 min de lectureRédaction Kidibook
Une fillette de 9 ans lit à voix haute un album à son petit frère, tous deux installés sur le canapé du salon

Faut-il écrire son ou sont ? Votre enfant hésite, efface, réécrit, puis lève les yeux vers vous en espérant que vous tranchiez à sa place. C'est bien normal : à l'oral, les deux mots se prononcent exactement de la même façon, et l'oreille ne lui est d'aucun secours. Seul le sens de la phrase peut décider.

La bonne nouvelle, c'est qu'il existe deux tests de remplacement très simples, qu'un enfant de CE1 ou de CE2 peut faire seul, dans sa tête, en deux secondes : remplacer le mot par « étaient », ou le remplacer par « mon ». Voici comment les lui transmettre ce soir, avec les situations qui piègent le plus souvent et un petit jeu de cartes pour que le réflexe s'installe durablement.

Son et sont : le même son, deux rôles très différents

Le point de départ, c'est de faire comprendre à votre enfant que ces deux mots n'ont rien en commun, à part leur prononciation.

  • son est un déterminant possessif. Il se place devant un nom et indique à qui appartient la chose : son cahier, c'est le cahier de quelqu'un, de lui ou d'elle. Il fait partie de la même famille que mon, ton, sa et ses.
  • sont est le verbe être conjugué au présent avec « ils » ou « elles » : ils sont, elles sont. Il a donc toujours un sujet au pluriel : les enfants sont, mes cousines sont, Léo et Nina sont.

Autrement dit, son accompagne un nom, alors que sont dit ce que fait ou ce qu'est un sujet pluriel. Dans la phrase « Ses copains sont venus pour son anniversaire », on trouve les deux, et chacun occupe une place bien à lui. Si votre enfant a besoin de revoir ce qu'est un déterminant avant d'attaquer les homophones, notre article sur les déterminants expliqués aux enfants pose les bases en quelques exemples.

Le test « étaient » : repérer le verbe sont

Premier réflexe à installer : quand on hésite, on essaie de remplacer le mot par étaient, c'est-à-dire le même verbe être, mais au passé. Si la phrase reste correcte, c'est le verbe, et on écrit sont.

  • « Les volets sont fermés. » → « Les volets étaient fermés. » La phrase tient debout : on écrit sont.
  • « Mes chaussures sont trop petites. » → « Mes chaussures étaient trop petites. » Encore sont.
  • « Ils sont partis tôt. » → « Ils étaient partis tôt. » Toujours sont.
  • « Il cherche son ballon. » → « Il cherche étaient ballon. » Cela ne veut rien dire : ce n'est pas le verbe.

Pourquoi « étaient » et pas « était » ? Parce que sont va toujours avec un sujet au pluriel : on le remplace donc par une forme du pluriel. « Seront » fonctionne aussi (« Les volets seront fermés »), mais mieux vaut donner à l'enfant un seul mot de remplacement, toujours le même : c'est ce qui en fait un automatisme.

Astuce KidibookFaites-lui dire la phrase à voix haute avec « étaient », en exagérant un peu. À l'oral, l'enfant entend tout de suite si la phrase sonne faux : c'est son oreille, et non une règle abstraite, qui tranche. Au bout de quelques jours, il n'aura même plus besoin de la prononcer, il fera le test dans sa tête.
Un père et sa fille jouent aux cartes à la table du petit-déjeuner, entre les bols de céréales et les verres de jus d'orange
Deux cartes, SON et SONT, et quelques phrases entre deux cuillerées : dix minutes suffisent pour faire tourner le réflexe.

Le test « mon » ou « ton » : repérer le possessif son

Deuxième test, symétrique du premier : on remplace le mot par mon ou par ton. Si la phrase reste correcte, même si son sens change un peu (l'objet n'appartient plus à la même personne), c'est le possessif, et on écrit son.

  • « Léa range son bureau. » → « Léa range mon bureau. » La phrase tient : on écrit son.
  • « Il a oublié son manteau. » → « Il a oublié ton manteau. » Encore son.
  • « Les poules sont dans le jardin. » → « Les poules mon dans le jardin. » Impossible : ce n'est pas le possessif, c'est sont.

Un détail qui rassure souvent les enfants : devant un nom féminin qui commence par une voyelle ou un h muet, on dit son amie, son école, son histoire, et non « sa amie ». Le test fonctionne quand même : mon amie, ton école, mon histoire. Pas de piège de ce côté-là.

Et si votre enfant pense à passer au pluriel, c'est une excellente vérification supplémentaire : son devient ses (« son crayon » → « ses crayons »). Attention, ce ses a lui-même un sosie, ces, qui se démêle avec d'autres astuces : nous les détaillons dans notre article ces ou ses, l'astuce « les siens » et « ces… -là ».

Le tableau à afficher près du bureau

Ce petit récapitulatif tient sur une feuille. Recopiez-le avec votre enfant plutôt que de l'imprimer : le fait de l'écrire lui-même l'aide déjà à le retenir.

MotCe que c'estLe testExemple
sonDéterminant possessif, placé devant un nomOn peut dire mon ou tonIl gonfle son vélo.
sontVerbe être au présent, avec un sujet plurielOn peut dire étaientLes vélos sont au garage.
le sonNom commun : le bruit (ou l'enveloppe des céréales)Il est précédé de le, du, un…J'aime le son du piano.

Les deux tests se contrôlent l'un l'autre : à un endroit donné de la phrase, un seul des deux peut marcher. Si « étaient » passe, « mon » ne passe pas, et inversement. En cas de doute, votre enfant peut donc essayer les deux et garder celui qui fonctionne.

Astuce KidibookUne phrase-repère à coller sur le tableau : « Sont et étaient finissent par un t ; son et mon finissent par -on. » Si je peux dire étaient, j'écris sont avec un t. Si je peux dire mon, j'écris son, qui se termine comme mon. La lettre finale devient un aide-mémoire visuel.

Les situations qui piègent le plus souvent

Le sujet est loin du verbe

« Les dessins que la maîtresse a affichés dans le couloir sont magnifiques. » Entre « les dessins » et « sont », il y a toute une partie de phrase, et l'enfant a oublié le début en arrivant au bout. Le test règle la question sans même chercher le sujet : « … étaient magnifiques » fonctionne, donc on écrit sont.

Le sujet est placé après le verbe

Dans une question, ou après « où », le sujet passe derrière le verbe : « Où sont tes baskets ? », « Sont-ils déjà rentrés ? ». Le test marche toujours : « Où étaient tes baskets ? », « Étaient-ils déjà rentrés ? ». C'est donc bien sont.

Un adjectif se glisse entre son et le nom

« Il promène son petit chien. » Le possessif n'est pas collé au nom, ce qui peut troubler un enfant qui cherche le nom juste après. Le test « mon » passe sans difficulté : « Il promène mon petit chien. » C'est bien son.

Le son… qui est un nom

« Le son de la cloche », « baisser le son de la télévision », « du pain au son » : ici, son est un nom commun, précédé d'un petit mot comme le, du ou au. Inutile d'en faire une leçon ; il suffit que votre enfant sache que ce troisième son existe, pour ne pas être déstabilisé quand il le croise dans une lecture.

Un jeu de cartes de dix minutes au petit-déjeuner

La règle se comprend en une soirée ; le réflexe, lui, se construit par petites répétitions. Voici un jeu qui ne demande rien d'autre que deux morceaux de carton, et qui se glisse très bien entre deux cuillerées de céréales.

  1. Fabriquez deux cartes. Sur l'une, votre enfant écrit en gros SON, avec en petit dessous « mon ». Sur l'autre, SONT, avec en petit dessous « étaient ». Les cartes portent ainsi le test avec elles.
  2. Vous dites une phrase à voix haute, sans la montrer : « Mes grands-parents sont en vacances », « Elle a perdu son bonnet »…
  3. Il lève la bonne carte et justifie avec le test : « Mes grands-parents étaient en vacances, donc c'est SONT. »
  4. On inverse les rôles : c'est lui qui invente les phrases, et vous qui répondez. Trompez-vous de temps en temps, exprès : il adorera vous corriger, et il devra expliquer pourquoi.

Cinq ou six phrases suffisent. En voici une série prête à l'emploi, avec les réponses :

  • « Les gâteaux sont dans le four. » → sont (étaient)
  • « Tom a retrouvé son doudou. » → son (mon)
  • « Où sont passés les ciseaux ? » → sont (étaient)
  • « Elle raconte son rêve à sa sœur. » → son (mon)
  • « Mes cousins sont arrivés hier soir. » → sont (étaient)
  • « Son équipe et la nôtre sont à égalité. » → son (mon), puis sont (étaient)
Astuce KidibookPendant la relecture des devoirs, demandez-lui d'entourer au crayon chaque son et chaque sont de sa page, puis de faire le test sur chacun. On ne corrige pas à sa place : on lui indique seulement combien de mots entourés sont à revoir. C'est lui qui cherche lesquels, et c'est précisément ce qui ancre le réflexe.

Après son et sont : les autres homophones à travailler

La méthode du remplacement sert pour la plupart des homophones grammaticaux. Une fois que votre enfant l'a comprise avec son et sont, il peut la réutiliser ailleurs :

  • a / à : on remplace par « avait », comme l'explique notre article sur l'astuce pour choisir entre a et à ;
  • ces / ses : on cherche « les siens » ou on ajoute « -là », deux tests détaillés dans l'article cité plus haut ;
  • et / est : on remplace par « et puis » ou par « était ».

En fin de primaire, tous ces duos se retrouvent mélangés dans les dictées : notre guide des homophones grammaticaux au CM2 les rassemble en un seul endroit. Pour varier l'entraînement, piochez dans nos exercices de CE2 à imprimer, et si votre enfant retient mieux avec des images et des petites phrases, nos Pense-Bêtes illustrés reposent sur le même principe : une astuce courte, facile à retrouver le jour de la dictée.

Donnez-vous une semaine de petites séances. Vous verrez vite votre enfant marmonner « étaient… non, mon » au-dessus de sa copie : c'est exactement le signe que le réflexe est en train de s'installer.

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Vos questions

En quelle classe apprend-on la différence entre son et sont ?

Le plus souvent au CE1 ou au CE2, au moment où l'enfant découvre le verbe être au présent et les déterminants possessifs. La distinction est ensuite revue et réutilisée régulièrement jusqu'au CM2, notamment dans les dictées.

Pourquoi remplacer par « étaient » et pas par « était » ?

Parce que sont s'emploie toujours avec un sujet au pluriel, comme ils ou elles. Il faut donc le remplacer par une forme du pluriel pour que la phrase reste correcte. « Seront » fonctionne aussi, mais garder un seul mot de remplacement aide l'enfant à en faire un automatisme.

Mon enfant connaît la règle mais se trompe encore en dictée, que faire ?

C'est très courant : connaître la règle et l'appliquer en écrivant vite sont deux choses différentes. Le plus efficace est une relecture ciblée, où l'enfant entoure chaque son et chaque sont puis fait le test sur chacun. Avec quelques semaines de pratique, la vérification devient automatique.

Peut-on écrire son devant un nom féminin ?

Oui, devant un nom féminin qui commence par une voyelle ou un h muet : on écrit son amie, son école, son histoire. C'est une question de prononciation, pour éviter « sa amie ». Le test de remplacement par mon fonctionne de la même façon : mon amie, mon école.

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