✖️ Comment apprendre les tables de multiplication : ordre, méthode, astuces

💡 Pense-bêtes & mémorisation 📅 11 septembre 2026⏱️ 7 min de lectureRédaction Kidibook
Un garçon de 8 ans récite fièrement ses tables dans la cuisine pendant que son père l'écoute près des fourneaux, une affiche quadrillée et colorée accrochée sur le réfrigérateur

Comment apprendre les tables de multiplication sans que chaque soir tourne à la récitation laborieuse ? La question arrive au CE1, revient au CE2, et devient pressante quand la table de 7 résiste encore au mois de mars. Rassurez-vous : ce n'est pas une affaire de « bosse des maths », c'est une affaire de méthode.

Dans ce guide, vous trouverez l'ordre dans lequel aborder les tables, une astuce concrète pour chacune, et une routine de dix minutes qui tient dans une soirée ordinaire. Vous verrez aussi qu'il y a bien moins à retenir qu'on ne le croit.

Avant de réciter, comprendre ce que veut dire « fois »

Une table récitée sans être comprise est fragile : au premier trou de mémoire, l'enfant n'a aucun moyen de retrouver la réponse. Avant de lui faire apprendre quoi que ce soit par cœur, vérifiez qu'il sait ce que signifie 3 × 4.

  • Des paquets identiques : 3 × 4, ce sont 3 paquets de 4 billes, donc 4 + 4 + 4 = 12.
  • Un rectangle : 3 rangées de 4 carreaux sur une feuille quadrillée, soit 12 carreaux. Tournez la feuille d'un quart de tour : vous obtenez 4 rangées de 3, et toujours 12 carreaux.

Le rectangle retourné montre que 3 × 4 = 4 × 3 : l'ordre des nombres ne change pas le résultat. Ce détail va, plus loin, diviser le travail presque par deux. Faites-le vérifier une fois avec des pâtes ou des pièces de monnaie.

Voir, dire, bouger : faire entrer les tables par plusieurs portes

On retient rarement une table en se contentant de la lire. Ce qui aide, c'est de la rencontrer sous plusieurs formes : écrite, entendue, prononcée, et même sautée. Chaque enfant a ses préférences (voir notre article sur la mémoire visuelle et auditive de l'enfant), mais tous gagnent à varier.

  • Voir : une affiche des tables sur le réfrigérateur ou la porte de la chambre, avec une couleur par table. On y jette un œil en passant. Vous pouvez utiliser nos tables de multiplication à imprimer, avec un poster, une table de Pythagore et des tables à trous.
  • Dire : réciter à voix haute, en chuchotant, avec une voix de robot ou de géant. L'effet comique aide à recommencer sans soupirer.
  • Bouger : tracer une marelle à la craie et sauter une case par résultat en tapant dans les mains. Le rythme du corps soutient celui de la table.
Astuce KidibookFaites-lui expliquer une table à quelqu'un d'autre : un petit frère, un grand-parent au téléphone, ou même son doudou. Pour expliquer que 4 × 6, c'est le double de 2 × 6, il faut l'avoir compris.
Une fillette saute sur une marelle aux cases colorées dans le jardin en tapant des mains, pendant que sa mère tape le rythme avec elle
Une case par résultat, un clap à chaque saut : le rythme du corps aide à retenir celui de la table.

Dans quel ordre apprendre les tables de multiplication ?

Réciter les tables de 1 à 10 dans l'ordre n'est pas la voie la plus maligne. Mieux vaut partir des tables faciles, puis s'appuyer sur elles pour conquérir les autres. Les tables de 1 et de 10 se comprennent en une séance : multiplier par 1 ne change rien, et multiplier un nombre entier par 10 revient à ajouter un zéro à sa droite. Pour les tables de 2 à 9, voici l'ordre que nous conseillons :

ÉtapeTableSur quoi elle s'appuieMultiplications vraiment nouvelles
12Les doubles8 (de 2 × 2 à 2 × 9)
25La moitié de la table de 107
34Le double de la table de 26
43La table de 2, plus une fois le nombre5
59La table de 10, moins une fois le nombre4
66La table de 5, plus une fois le nombre3
78Le double de la table de 42
87Tout le reste est déjà connu1 (7 × 7)

Faites le compte : 8 + 7 + 6 + 5 + 4 + 3 + 2 + 1 = 36. Grâce à la règle 3 × 4 = 4 × 3, la grille qui va de 2 × 2 à 9 × 9 compte 64 cases, mais seulement 36 multiplications différentes à retenir. Et quand arrive la redoutée table de 7, il ne reste qu'un seul résultat nouveau : 7 × 7 = 49. Montrez-le-lui : c'est souvent un soulagement.

Une astuce de mémorisation pour chaque table

Chaque table a sa « prise ». Voici celles à transmettre dès ce soir.

Les tables de 2, 4 et 8 : la famille des doubles

Multiplier par 2, c'est doubler. Multiplier par 4, c'est doubler deux fois : 4 × 7, c'est le double de 14, soit 28. Multiplier par 8, c'est doubler trois fois : pour 8 × 6, on passe de 6 à 12, puis 24, puis 48.

Les tables de 5 et de 10 : les inséparables

Les résultats de la table de 10 finissent par 0. Ceux de la table de 5 finissent par 0 ou par 5, et valent la moitié de ceux de la table de 10 : 5 × 8, c'est la moitié de 80, donc 40.

Les tables de 3 et de 6 : une fois de plus

3 × 7, c'est 2 × 7 plus encore 7 : 14 + 7 = 21. De même, 6 × 7, c'est 5 × 7 plus 7 : 35 + 7 = 42. Bonus pour la table de 6 avec un nombre pair : le résultat se termine par ce nombre, et son chiffre des dizaines en est la moitié. 6 × 4 = 24, 6 × 6 = 36, 6 × 8 = 48.

La table de 9 : la magie des doigts

Mains posées à plat, doigts numérotés de 1 à 10 de gauche à droite. Pour 9 × 4, on replie le quatrième doigt : il en reste 3 à gauche (les dizaines) et 6 à droite (les unités), soit 36. Autre repère : 9 × 7, c'est 10 × 7 moins 7, donc 70 − 7 = 63. Notre article consacré à la table de 9 et ses astuces détaille chaque méthode.

La table de 7 : la dernière, et la plus courte

Avec l'ordre proposé plus haut, il ne reste que 7 × 7 = 49 à apprendre de neuf. Pour 7 × 8, l'une des multiplications qui piègent le plus, retenez la suite 5, 6, 7, 8 : 56 = 7 × 8. Vous trouverez d'autres idées dans notre article sur la table de 7, et bien d'autres astuces de ce genre, en maths comme en français, dans les Pense-Bêtes Kidibook.

Astuce KidibookQuand une multiplication résiste, faites-la reconstruire plutôt que de souffler la réponse. « Tu ne te souviens plus de 6 × 8 ? Tu connais 5 × 8 ? » — « 40 » — « Et avec 8 de plus ? » — « 48 ! » Retrouvée par lui-même, la réponse s'accroche bien mieux que si vous la lui donnez.

Une routine de 10 minutes par jour

Pour les tables, la régularité compte bien plus que la durée : dix minutes chaque jour valent mieux qu'une heure le dimanche soir. Voici une séance type, à caler après le goûter ou pendant la préparation du dîner.

  1. 2 minutes d'échauffement : réciter une table déjà connue, pour démarrer sur une réussite.
  2. 4 minutes sur la table du moment : d'abord dans l'ordre, puis dans le désordre. C'est le désordre qui compte : en classe, personne ne demandera « la table de 6 en entier », mais bien « 6 × 7 » au détour d'un problème.
  3. 3 minutes de questions éclair : vous posez, il répond. Les ratés partent dans une petite boîte « à revoir ».
  4. 1 minute de bilan : on coche la case du jour sur une grille accrochée au frigo.

La boîte « à revoir » est la clé du système. Sur des cartes bristol, écrivez l'opération d'un côté, le résultat de l'autre. Chaque carte ratée revient le lendemain ; une carte réussie trois jours de suite rejoint la pile des acquises, qu'on ressort une fois par semaine. On travaille ce qui résiste, pas ce qui est su.

Dix minutes, c'est trop ? Faites deux blocs de cinq au minuteur, comme dans la méthode Pomodoro adaptée aux enfants. Et pour varier les plaisirs, piochez dans nos jeux pour apprendre les tables de multiplication : bataille, memory, dés ou marelle remplacent très bien la séance de questions deux ou trois fois par semaine.

Quand ça bloque : les erreurs à éviter

  • Vouloir aller trop vite. Une nouvelle table par semaine ou tous les quinze jours, c'est déjà beaucoup.
  • Réciter seulement dans l'ordre. L'enfant qui doit repartir de 7 × 1 pour trouver 7 × 8 connaît une comptine, pas encore sa table.
  • Faire de la table une punition. « Pas de dessert tant que tu ne sais pas ta table de 8 » associe les maths à la contrainte. Gardez le ton du jeu.

Certaines multiplications résistent souvent plus que les autres : 6 × 7, 6 × 8, 7 × 8, 8 × 9. Isolez-les sur des cartes à part, affichez-les près du lavabo, et revenez-y un peu chaque jour. Si, malgré une pratique régulière, votre enfant reste vraiment bloqué ou panique à chaque question, parlez-en à son enseignant : il pourra vous dire ce qu'il observe en classe et, si besoin, vous orienter.

Astuce KidibookFaites sortir les tables du cahier. Au supermarché : « 3 paquets de 6 yaourts, ça fait combien de yaourts ? » En cuisine : « il faut 2 œufs par personne, et nous sommes 4 ». Ces questions de la vie courante montrent à votre enfant que les tables servent vraiment, et elles comptent comme une révision.

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Vos questions

À quel âge apprend-on les tables de multiplication ?

En général, les tables de 2 à 5 sont travaillées au CE1 et celles de 6 à 9 au CE2. En CM1 et en CM2, on attend qu'elles deviennent des automatismes pour calculer plus vite. Quelques mois d'avance ou de retard n'ont rien d'inquiétant : l'important est d'avancer régulièrement.

Combien de temps faut-il pour apprendre une table ?

Il n'y a pas de durée fixe, chaque enfant a son rythme. Un repère raisonnable est d'une à deux semaines par table, à raison de dix minutes par jour. Les dernières tables vont souvent plus vite, car elles contiennent de plus en plus de résultats déjà connus.

Faut-il apprendre les tables dans l'ordre ou dans le désordre ?

Les deux, l'un après l'autre. On récite d'abord la table dans l'ordre pour en saisir la logique, puis on s'entraîne dans le désordre, car c'est ainsi que les multiplications se présentent dans les exercices et les problèmes.

Mon enfant compte sur ses doigts, est-ce grave ?

Non, c'est une étape normale au début, qui montre qu'il comprend ce qu'est une multiplication. Encouragez-le ensuite à partir d'un résultat connu, par exemple 5 × 8 pour trouver 6 × 8, plutôt que de tout recompter. Avec une pratique régulière, les réponses deviennent automatiques.

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