📎 Les déterminants au CM1 : articles, possessifs, démonstratifs et pièges

Les déterminants sont partout : impossible d'écrire trois mots sans en croiser un. Le chien, une pomme, mes cahiers, cette idée… Ces petits mots passent tellement inaperçus que beaucoup d'enfants ne les « voient » pas quand la maîtresse demande de les souligner. Et pourtant, au CM1, on attend d'eux qu'ils sachent les repérer et les classer par familles.
Cet article vous donne l'essentiel pour accompagner votre enfant : une définition simple, un tableau des familles, les accords à surveiller et les deux ou trois pièges qui reviennent dans presque toutes les évaluations. Avec, à la fin, des jeux rapides pour s'entraîner à la maison.
Qu'est-ce qu'un déterminant ?
Un déterminant est un petit mot placé devant un nom, qu'il annonce. Il indique le genre (masculin ou féminin) et le nombre (singulier ou pluriel) du nom, et il apporte une information : la chose est-elle connue ? à qui appartient-elle ? combien y en a-t-il ?
Il n'est pas toujours collé au nom : un adjectif peut se glisser entre les deux (une belle pomme, mon petit frère). Mais il y a toujours un nom derrière. C'est ce qui permet de le reconnaître, et c'est ce qui le distingue du pronom, qui, lui, remplace le nom.
Le test le plus simple : remplacer le mot par un autre déterminant. Dans « le chien aboie », on peut dire « un chien », « mon chien », « ce chien » : le est bien un déterminant. Pour replacer le déterminant parmi les autres classes de mots, notre article sur la nature des mots fait le tour des huit grandes natures.
Les familles de déterminants à connaître au CM1
Voici le tableau à garder sous la main pendant les devoirs.
| Famille | Ce qu'il indique | Les formes | Exemple |
|---|---|---|---|
| Article défini | Une chose connue, déjà identifiée | le, la, l', les | le cartable de Tom |
| Article indéfini | Une chose non précisée, dont on parle pour la première fois | un, une, des | une pomme |
| Article partitif | Une quantité qu'on ne compte pas | du, de la, de l' | du pain, de l'eau |
| Possessif | À qui appartient la chose | mon, ton, son, notre, leur… | ma trousse |
| Démonstratif | Une chose qu'on montre ou dont on vient de parler | ce, cet, cette, ces | cet arbre |
| Numéral | Un nombre précis | deux, dix, cent… | trois billes |
| Indéfini | Une quantité vague ou chaque élément | chaque, plusieurs, quelques, aucun | chaque élève |
| Interrogatif / exclamatif | Une question ou une exclamation | quel, quelle, quels, quelles | Quel jour sommes-nous ? |

Les articles : définis, indéfinis, partitifs
Ce sont les déterminants les plus courants. L'article défini (le, la, l', les) parle de quelque chose d'identifié : « Passe-moi le sel » (celui qui est sur la table). L'article indéfini (un, une, des) présente quelque chose de nouveau ou de non précisé : « Il y a un chat dans le jardin ».
L'article partitif (du, de la, de l') désigne une partie d'une chose qu'on ne compte pas : du lait, de la confiture, de l'eau. Au goûter, on mange « une pomme », mais « de la compote ».
Attention aux articles contractés, qui fusionnent une préposition et un article défini : à + le = au, à + les = aux, de + le = du, de + les = des. On dit « je vais au marché » et non « à le marché ».
Le choix de l'article change parfois tout le sens de la phrase. « Le chien de Paul a aboyé » parle d'un animal précis que tout le monde connaît ; « Un chien a aboyé » parle d'un chien quelconque. Faites remarquer cette nuance à votre enfant dans ses lectures : il comprendra que le déterminant n'est pas un mot décoratif.
Possessifs et démonstratifs : à qui ? lequel ?
Le déterminant possessif change selon le possesseur et selon le nom qui suit :
- un seul possesseur : mon, ma, mes ; ton, ta, tes ; son, sa, ses ;
- plusieurs possesseurs : notre, nos ; votre, vos ; leur, leurs.
Devant un nom féminin commençant par une voyelle ou un h muet, ma, ta, sa deviennent mon, ton, son pour faciliter la prononciation : mon amie, ton école, son histoire. Et leur prend un s seulement si le nom est au pluriel : « Les élèves rangent leurs cahiers. »
Le déterminant démonstratif sert à montrer : ce vélo, cette maison, ces livres. Devant un nom masculin commençant par une voyelle ou un h muet, ce devient cet : cet arbre, cet hôpital.
C'est ici que se nichent deux confusions très fréquentes à l'écrit, qui ont chacune leur astuce : ces ou ses, deux déterminants qui se prononcent pareil, et son ou sont, où l'un est un déterminant et l'autre un verbe.
Numéraux, indéfinis, interrogatifs et exclamatifs
Les numéraux donnent un nombre exact : deux chats, dix doigts. Ils sont invariables, sauf un/une, et vingt et cent qui prennent un s quand ils sont multipliés et terminent le nombre : quatre-vingts pages, deux cents mètres, mais quatre-vingt-deux pages. Mille ne prend jamais de s.
Les indéfinis expriment une quantité floue ou une répartition : plusieurs amis, quelques bonbons, aucun bruit, chaque élève. Un détail à retenir : chaque est toujours suivi d'un nom au singulier.
Enfin, quel, quelle, quels, quelles s'accordent avec le nom qu'ils accompagnent, qu'ils posent une question (« Quelle heure est-il ? ») ou marquent une émotion (« Quelle belle journée ! »).
Déterminant ou pronom ? Les pièges à connaître
Certains mots peuvent être déterminants ou pronoms. La règle pour trancher : un déterminant est suivi d'un nom, un pronom remplace un nom et se trouve le plus souvent devant un verbe.
- « Je range la chambre » (déterminant) / « Je la range » (pronom).
- « Je donne leurs cahiers » (déterminant) / « Je leur donne » (pronom, jamais de s).
Deuxième piège : du et des ont deux emplois. Dans « je bois du lait », du est un article partitif ; dans « la niche du chien », c'est un article contracté (de + le). De même, des est indéfini dans « j'ai des billes », contracté dans « le jouet des enfants ».
Troisième piège : après une négation, un, une, des et les partitifs deviennent souvent de : « J'ai des billes » → « Je n'ai pas de billes » ; « Il boit du lait » → « Il ne boit pas de lait ».
S'entraîner à la maison avec des jeux
Les déterminants s'apprennent très bien à l'oral, au quotidien :
- Le jeu des jetons : alignez des figurines ou des objets et posez un jeton devant chacun. Votre enfant doit dire un déterminant différent à chaque jeton : le lion, mon zèbre, cette girafe, trois singes.
- Au marché ou au supermarché : « Combien de pommes ? » (numéral), « Lesquelles ? » (démonstratif : ces pommes-là), « À qui est ce panier ? » (possessif).
- La phrase qui change : partez de « le chien dort » et changez uniquement le déterminant. Quand on passe à trois ou mes, votre enfant doit aussi mettre le nom et le verbe au pluriel. C'est un bon pont vers le pluriel des noms.
- La phrase sans déterminants : lisez à voix haute « Chat de voisine a mangé souris dans jardin ». Votre enfant entend aussitôt que quelque chose cloche, et il remet lui-même les bons petits mots. C'est la meilleure preuve qu'ils servent à quelque chose.
Pour des séries écrites, nos exercices de CM1 à imprimer proposent des fiches de repérage et de classement, et nos Pense-Bêtes illustrés rassemblent les astuces de ce type, courtes et faciles à relire la veille d'une évaluation.
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Vos questions
À quoi reconnaît-on un déterminant ?
Il est placé devant un nom, parfois avec un adjectif entre les deux, et on peut le remplacer par un autre déterminant comme « le », « un » ou « mon ». S'il est suivi d'un verbe, ce n'est pas un déterminant mais un pronom.
Quelle différence entre article et déterminant ?
L'article est une sorte de déterminant, la plus courante. Tous les articles (le, une, des, du…) sont des déterminants, mais tous les déterminants ne sont pas des articles : « mon », « ce » ou « trois » sont aussi des déterminants.
Faut-il connaître toutes les familles de déterminants en CM1 ?
L'essentiel est de savoir repérer un déterminant et de reconnaître les articles, les possessifs et les démonstratifs. Les numéraux, les indéfinis et les interrogatifs sont souvent vus en même temps ou au CM2, et ils seront revus au collège.
Pourquoi dit-on « mon amie » alors qu'amie est féminin ?
Devant un nom féminin qui commence par une voyelle ou un h muet, « ma », « ta » et « sa » deviennent « mon », « ton » et « son » pour éviter deux voyelles qui se heurtent. Le nom reste féminin : on écrit bien « mon amie est gentille ».


