🔤 Homophones grammaticaux CM2 : la liste, les tests et les jeux qui marchent

Au CM2, les homophones grammaticaux sont ces petits mots qui se prononcent de la même façon mais ne s'écrivent pas pareil : a et à, son et sont, ces et ses… Votre enfant les rencontre depuis le CE1, il sait souvent réciter la règle, et pourtant ils reviennent en rouge dans ses dictées. Rien d'étonnant : à l'oral, rien ne les distingue, et c'est justement à l'écrit, quand l'attention part vers l'histoire à raconter, qu'ils glissent.
Cet article est la carte d'ensemble : la liste des homophones à connaître avant l'entrée en sixième, un tableau avec le test qui tranche pour chacun, et une méthode en trois gestes à installer à la maison. Pour les paires les plus fréquentes, un article dédié va ensuite plus loin, avec des exemples détaillés et des exercices.
Homophones grammaticaux : de quoi parle-t-on ?
Deux mots sont homophones quand ils ont le même son. On les dit grammaticaux quand la différence d'orthographe vient de leur rôle dans la phrase, et non du sens du mot. Comparez :
- ver, vert, verre, vers : des homophones lexicaux. On choisit selon le sens (un ver de terre, un pull vert, un verre d'eau). Le dictionnaire suffit.
- a / à : des homophones grammaticaux. L'un est le verbe avoir, l'autre une préposition. Le dictionnaire n'aide pas : il faut regarder ce que le mot fait dans la phrase.
C'est pour cela que la mémoire seule ne suffit pas. Un enfant qui « sait » que sont est un verbe peut très bien écrire « ils son partis » en pleine dictée. Ce qui l'aide, ce n'est pas de réciter la règle, c'est d'avoir un test rapide à appliquer au moment du doute.
Les homophones grammaticaux du CM2 et le test qui tranche
Voici les paires qui reviennent le plus souvent dans les écrits de fin de primaire, avec la nature de chaque mot et le remplacement qui permet de vérifier. Chaque exemple de la dernière colonne est correct : vous pouvez le dicter tel quel.
| Homophones | Nature | Le test | Exemple juste |
|---|---|---|---|
| a / à | a : verbe avoir · à : préposition | a → avait | Lina a rendu son livre à la bibliothèque. |
| et / est / es | et : mot de liaison · est, es : verbe être | et → et puis · est → était · es → étais | Tu es en retard et Max est déjà là. |
| son / sont | son : déterminant possessif · sont : verbe être | son → mon · sont → étaient | Les filles sont prêtes, Nina a son sac. |
| ces / ses | ces : déterminant démonstratif · ses : déterminant possessif | ces → cet, cette · ses → son, sa | Paul prête ses feutres à ces enfants. |
| on / ont | on : pronom · ont : verbe avoir | on → il · ont → avaient | On part quand les enfants ont fini. |
| ce / se | ce : devant un nom · se : pronom devant un verbe | ce → ces · se → me | Ce matin, Inès se coiffe seule. |
| c'est / s'est | c'est : cela est · s'est : verbe pronominal | c'est → cela est · s'est → je me suis | Tom s'est levé tôt : c'est rare ! |
| ou / où | ou : choix · où : lieu ou moment | ou → ou bien | Où ranges-tu tes feutres, dans la trousse ou dans le pot ? |
Vous remarquez le point commun ? Presque chaque test consiste à remplacer le mot douteux : par l'imparfait (avait, était, étaient, avaient), par un autre déterminant (mon, cet) ou par un autre pronom (il, me). Si la phrase reste correcte, c'est le bon mot. Quand ces paires sont solides, on ajoute la / là / l'a (là → « ici », l'a → « l'avait ») et quel / quelle / qu'elle (qu'elle → « qu'il »).

Paire par paire : où approfondir
a / à
C'est souvent la première paire travaillée, et l'une des plus fréquentes dans une page d'écriture. Le test de l'imparfait règle presque tout : « Lina a rendu son livre » devient « Lina avait rendu son livre », alors que « à la bibliothèque » ne peut pas devenir « avait la bibliothèque ». Les cas qui piègent (il y a, une machine à laver, le « À » majuscule) sont détaillés dans notre article complet sur a ou à et l'astuce du « avait ».
et / est / es
Ici, trois mots. Et relie deux éléments et peut devenir « et puis ». Est et es sont le verbe être : ils passent à l'imparfait (était, étais). Le détail qui fâche : es ne s'emploie qu'avec tu. Méthode et exemples dans l'article et ou est : comment ne plus se tromper.
son / sont
Sont est le verbe être au pluriel (ils sont, elles sont) ; son annonce un nom qui appartient à quelqu'un. Le réflexe : « sont » devient « étaient », « son » devient « mon ». Tout est repris pas à pas dans notre guide son ou sont.
ces / ses
Deux déterminants cette fois, donc le test de l'imparfait ne sert à rien. On passe au singulier : ces devient ce, cet ou cette (on montre quelque chose), ses devient son ou sa (cela appartient à quelqu'un). Les phrases pièges sont dans l'article ces ou ses : la bonne méthode.
Restent on / ont, ce / se, c'est / s'est et ou / où, dont les tests figurent dans le tableau plus haut : ils reposent exactement sur les mêmes gestes.
La méthode en trois gestes à installer à la maison
- Repérer le mot suspect. Au moment de la relecture, l'enfant souligne au crayon chaque petit mot de la liste. Il ne corrige rien encore, il repère.
- Se demander ce qu'il fait dans la phrase. Est-ce le verbe ? Un mot placé devant un nom ? Un petit mot qui relie ? Pas besoin du vocabulaire savant : « c'est le verbe » ou « c'est devant un nom » suffit largement.
- Faire le test à voix basse. Il remplace, il écoute. Si la phrase reste correcte, il garde ; sinon, il change.
La clé, c'est de faire ces trois gestes après l'écriture, pas pendant. Demander à un enfant de CM2 de penser à la fois à son histoire, à l'accord des adjectifs et aux homophones, c'est lui demander l'impossible. On écrit d'abord, on relit ensuite, avec une seule question en tête.
Des jeux courts pour s'entraîner sans corvée
Dix minutes bien menées valent mieux qu'une page entière d'exercices faite à contrecœur. Quelques formats qui fonctionnent bien à la maison :
- Le jeu des ardoises. Vous lisez une phrase à voix haute, l'enfant (ou toute la fratrie) lève l'ardoise avec le bon homophone. « Les chats … affamés » → sont. On justifie avec le test avant de marquer le point.
- Le tri de cartes. Écrivez des phrases à trous sur des cartes et faites-les classer en deux tas, un par homophone. Idéal pour travailler une seule paire à la fois.
- La chasse à l'erreur. Vous écrivez trois phrases dont une contient une faute volontaire. Il la trouve et donne le test. Corriger l'adulte a toujours beaucoup de succès.
- La phrase folle. Il invente une phrase qui contient le plus possible de a et de à bien placés, par exemple : « Mon oncle a apporté à mamie un gâteau à la fraise qu'il a raté. »
Vérifier les progrès avec une dictée ciblée
Le vrai juge, c'est la dictée : c'est là que l'enfant doit choisir sans qu'on lui pose la question. Pour mesurer les progrès, préférez un texte court, de cinq ou six lignes, qui contient plusieurs homophones de la paire travaillée. Nos dictées de CM2 à imprimer vous évitent de chercher des textes : faites la dictée une première fois, puis entourez ensemble uniquement les homophones et refaites les tests un par un.
Tenez aussi un petit carnet d'erreurs : une ligne par faute d'homophone, avec la phrase corrigée et le test qui aurait permis de l'éviter. Au bout de quelques semaines, vous verrez apparaître la paire qui résiste vraiment. C'est sur elle qu'il faut revenir, pas sur les autres.
Pour les enfants qui retiennent mieux avec une image ou une petite phrase, les moyens mnémotechniques pour les homophones donnent un coup de pouce complémentaire, et les Pense-Bêtes Kidibook rassemblent ce type d'astuces, à relire en deux minutes avant une évaluation.
Quand les confusions durent : ne pas dramatiser
Certains enfants réussissent tous les tests à l'oral et continuent de se tromper à l'écrit. Ce n'est pas de la mauvaise volonté : tant que le geste n'est pas automatique, il demande de l'attention, et cette attention est prise par tout le reste de la phrase. Quelques pistes :
- réduire la relecture à une seule paire à la fois ;
- faire écrire des phrases courtes, où le mot suspect saute aux yeux ;
- féliciter chaque homophone juste, au lieu de seulement compter les fautes.
Si les confusions restent très nombreuses et touchent aussi d'autres mots, parlez-en à l'enseignant : il voit votre enfant écrire tous les jours et saura vous dire s'il faut aller plus loin. Pour le reste, la patience paie : ce sont des réflexes qui s'installent par petites touches, semaine après semaine, et qui serviront pendant toute la scolarité.
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Vos questions
Quels homophones grammaticaux faut-il connaître à la fin du CM2 ?
Les incontournables sont a / à, et / est / es, son / sont, ces / ses, on / ont, ce / se, c'est / s'est et ou / où. On y ajoute la / là / l'a et quel / quelle / qu'elle. Pour chacun, l'important est de connaître le test de remplacement, pas seulement la règle.
Mon enfant connaît la règle mais se trompe en dictée, pourquoi ?
Parce qu'en dictée, son attention est occupée par le reste de la phrase. Savoir la règle ne suffit pas tant que le test n'est pas devenu un réflexe. Faites-lui relire sa dictée avec une seule question en tête, une paire à la fois.
Par quelle paire d'homophones commencer ?
Par a / à, puis et / est et son / sont, qui fonctionnent tous avec le même test de l'imparfait. Une fois ce geste acquis, ces / ses et ce / se, qui demandent un autre type de test, passent plus facilement.
Combien de temps faut-il y consacrer à la maison ?
Dix minutes, deux ou trois fois par semaine, suffisent. Mieux vaut un petit jeu régulier sur une seule paire qu'une longue séance qui mélange tout. Arrêtez-vous avant que votre enfant se lasse.


