🎲 Jeu pour apprendre les tables de multiplication : 8 idées à la maison

Un jeu pour apprendre les tables de multiplication, c'est souvent ce qui manque entre deux récitations : un moyen de répéter 7 × 8 pour la vingtième fois sans que personne ne soupire. Et nul besoin d'application ni de tablette : un jeu de cartes, deux dés, un morceau de craie et un peu de bonne humeur suffisent.
Voici huit jeux à essayer dès ce soir, sans écran, avec leurs règles, le matériel et le niveau conseillé. Ils complètent la méthode d'apprentissage sans la remplacer : pour l'ordre des tables et les astuces de mémorisation, voyez notre guide comment apprendre les tables de multiplication.
Pourquoi jouer aide à retenir les tables
Retenir une table, c'est avant tout la répéter, encore et encore, jusqu'à ce que le résultat vienne tout seul. Le problème, c'est que la répétition lasse vite. Le jeu règle exactement ce problème : on refait une partie parce qu'on veut prendre sa revanche, pas parce qu'on y est obligé.
Le jeu a d'autres atouts :
- l'erreur ne coûte presque rien : on perd une manche, pas une note ;
- les questions arrivent dans le désordre, comme en classe et dans les problèmes ;
- le parent change de rôle : il devient adversaire ou coéquipier, et plus seulement celui qui interroge.
Une seule condition : votre enfant doit avoir compris ce qu'est une multiplication et commencé à apprendre la table travaillée. Le jeu sert à consolider, pas à découvrir. Gardez sous la main une affiche des résultats, par exemple nos tables de multiplication à imprimer, pour trancher en cas de désaccord : c'est l'arbitre neutre de toutes les parties.
Les jeux de cartes : bataille et memory
1. La bataille des multiplications
Prenez un jeu de 52 cartes et retirez les figures : il en reste 40, l'as vaut 1 et le 10 vaut 10. On distribue tout. À chaque tour, chaque joueur retourne deux cartes et annonce leur produit. Le plus grand résultat remporte les quatre cartes. Exemple : votre enfant retourne 7 et 6, il annonce 42 ; vous retournez 8 et 5, soit 40. Il gagne la manche.
En cas d'égalité, par exemple 3 × 8 contre 4 × 6, qui font tous deux 24, c'est la bataille : chacun pose une carte face cachée, puis deux nouvelles cartes face visible. Une réponse fausse fait perdre la manche, ce qui pousse chacun à vérifier le calcul de l'autre. Pour un débutant, simplifiez : une seule carte retournée, toujours multipliée par la table du moment.
2. Le memory des tables
Sur des cartes bristol, écrivez des paires : une carte « 6 × 7 », une carte « 42 ». Une dizaine de paires suffit. On mélange, on étale face cachée, et chacun retourne deux cartes à son tour : si l'opération et le résultat vont ensemble, il garde la paire et rejoue.
Un piège à connaître en fabriquant le jeu : certains résultats reviennent plusieurs fois. 3 × 8 et 4 × 6 donnent tous deux 24 ; 2 × 6 et 3 × 4 donnent tous deux 12. Soit vous évitez ces doublons, soit vous acceptez toute association juste, ce qui oblige à réfléchir encore davantage.

Les jeux de dés et de doigts
3. La grille aux dés
Dessinez une grille de seize cases, quatre sur quatre, et inscrivez-y des résultats possibles avec deux dés multipliés entre eux : 3, 4, 5, 6, 8, 9, 10, 12, 15, 16, 18, 20, 24, 25, 30 et 36. Chaque joueur a sa couleur. À son tour, on lance les deux dés, on multiplie, et on colorie la case de ce résultat si elle est encore libre. Le premier qui aligne trois cases de sa couleur gagne.
Deux dés classiques ne vont que jusqu'à 6 × 6. Pour les tables de 7, 8 et 9, gardez un seul dé et multipliez toujours par la table du jour : le dé donne 4, on annonce 7 × 4 = 28. Si un dé à dix faces traîne dans une boîte de jeu, c'est encore mieux.
4. Le duel des doigts
Aucun matériel, et une partie se lance en trois secondes. Face à face, les deux joueurs cachent une main derrière le dos, comptent « un, deux, trois » et montrent chacun un nombre de doigts. Le premier qui annonce le produit des deux nombres marque un point. Votre enfant montre 3, vous montrez 4 : « 12 ! » Avec les deux mains, on monte jusqu'à 10 × 10.
Pour équilibrer les forces, imposez-vous un handicap : vous ne répondez qu'après avoir compté jusqu'à trois dans votre tête. Votre enfant gagne des points à la loyale, et l'envie de rejouer vient toute seule.
Bouger en jouant : marelle et chasse aux résultats
5. La marelle des multiples
À la craie dans la cour, ou avec du ruban adhésif sur le parquet, tracez dix cases et écrivez-y les résultats de la table travaillée, dans le désordre. Pour la table de 7 : 7, 14, 21, 28, 35, 42, 49, 56, 63 et 70. Vous annoncez « 7 × 6 », votre enfant saute sur 42. Il se trompe ? Retour au départ, sans drame. Si cette table résiste, notre article sur la table de 7 propose des astuces pour la dompter.
Variante pour les plus grands : c'est lui qui annonce la multiplication correspondant à chaque case où il atterrit (« 49, c'est 7 × 7 »).
6. La chasse aux résultats
Cachez dans une pièce une dizaine de post-it portant des résultats. Vous tirez une multiplication au hasard : votre enfant doit trouver et rapporter le bon post-it. Idéal un jour de pluie, ou pour les enfants qui ont du mal à rester assis. Pour la table de 9, glissez un intrus comme 64, qui n'en fait pas partie : à lui de le démasquer grâce à l'astuce de la table de 9, dont les résultats de 9 × 2 à 9 × 10 ont toujours des chiffres qui s'additionnent pour faire 9. Or 6 + 4 = 10.
Les jeux à l'oral, en voiture ou en famille
7. Le furet et le ping-pong
En voiture, dans une file d'attente ou sur le chemin de l'école, jouez au furet des multiples : chacun son tour, on ajoute la table. « 6 », « 12 », « 18 », « 24 »… Celui qui se trompe ou hésite trop longtemps fait repartir à zéro. Au ping-pong, c'est plus rapide : vous lancez « 8 × 3 », il renvoie « 24 » et vous lance une multiplication à son tour. Vous trouverez d'autres idées pour les trajets dans nos jeux de voiture pour enfants.
8. Le loto des tables
Parfait quand il y a des frères et sœurs ou des cousins autour de la table. Chaque joueur reçoit une grille de neuf résultats. L'animateur tire au sort des papiers portant des multiplications et les lit à voix haute : « 5 × 9 ! » Celui qui a 45 pose un jeton. Première grille complète : « Loto ! » Pour mélanger les âges, préparez une grille avec les tables de 2 et de 5 pour le plus jeune, et une autre avec celles de 7 et de 8 pour l'aîné.
Quel jeu choisir selon le niveau de votre enfant ?
| Jeu | Matériel | Niveau conseillé | Tables travaillées |
|---|---|---|---|
| Duel des doigts | Aucun | Dès le CE1 | Jusqu'à 5 × 5 avec une main, 10 × 10 avec deux |
| Grille aux dés | 2 dés, papier, feutres | CE1 – CE2 | Jusqu'à 6 × 6, ou la table du jour avec un seul dé |
| Marelle des multiples | Craie ou ruban adhésif | CE1 – CE2 | Une table à la fois |
| Chasse aux résultats | Post-it | CE1 – CE2 | Une ou deux tables |
| Memory | Cartes bristol | CE1 – CM1 | Au choix |
| Loto | Grilles, papiers, jetons | CE1 – CM2, en famille | Au choix, selon le joueur |
| Furet et ping-pong | Aucun | CE2 – CM2 | Toutes |
| Bataille | Jeu de cartes sans les figures | CE2 – CM2 | Toutes, de 1 × 1 à 10 × 10 |
Côté rythme, visez court et fréquent : une partie de cinq à dix minutes, deux ou trois fois par semaine, en plus de la petite révision quotidienne. Arrêtez-vous pendant que c'est encore amusant, jamais quand tout le monde est fatigué : c'est ce qui donnera envie de rejouer demain.
Les jeux oraux comme le furet sont aussi un excellent entraînement au calcul de tête. Pour aller plus loin, nos articles sur le calcul mental au CE1 et le calcul mental au CM1 proposent des exercices adaptés à chaque niveau.
Envie de mettre ces conseils en pratique ?
Chaque jour, un nouveau cahier d'aventure adapté à la classe de votre enfant — à imprimer ou à faire sur écran. Sans engagement.

Vos questions
À partir de quel âge peut-on jouer à ces jeux de multiplication ?
Dès que votre enfant a compris ce qu'est une multiplication, en général au CE1. Commencez par le duel des doigts ou la marelle avec la table de 2 ou de 5, puis passez à la bataille quand plusieurs tables sont connues.
Les jeux suffisent-ils pour apprendre les tables ?
Ils consolident très bien, mais ne remplacent ni la compréhension ni une courte révision régulière. L'idéal est de combiner les deux : quelques minutes de récitation et de questions chaque jour, et une partie de jeu deux ou trois fois par semaine.
Mon enfant déteste perdre, comment faire ?
Privilégiez les versions coopératives ou contre la montre, par exemple retrouver ensemble toutes les paires du memory en moins de cinq minutes. Vous pouvez aussi vous imposer un handicap, comme ne répondre qu'après avoir compté jusqu'à trois dans votre tête.
Faut-il bannir complètement les écrans ?
Non, mais les jeux sans écran créent un vrai moment ensemble et vous permettent d'entendre les erreurs au moment où elles se produisent. Si vous utilisez une application, gardez-la comme un complément ponctuel, sur une durée courte.


