✖️ Comment apprendre ses tables de multiplication : le plan qui marche enfin

Chaque soir, le même film : votre enfant récite sa table de 7 sans faute… et le lendemain matin, tout s'est envolé. Vous soufflez, il s'agace, la table de multiplication devient le rendez-vous que personne n'attend. La bonne nouvelle : ce n'est ni un manque de mémoire, ni un manque d'intelligence. C'est presque toujours une question de méthode et d'ordre.
Voici un plan clair pour apprendre ses tables de multiplication sans crise : le bon ordre pour ne pas se décourager, les astuces table par table, cinq minutes de jeu par jour et un calendrier sur six semaines. De quoi accompagner un enfant du CE1 au CM2, même si vous-même gardez un mauvais souvenir de vos tables.
Pourquoi les tables de multiplication semblent si dures
Au premier regard, il y aurait cent résultats à connaître par cœur : dix tables, dix lignes chacune. De quoi donner le vertige. Sauf que ce chiffre est un mirage. Deux raisons font fondre la montagne :
- La commutativité : 3 × 8 donne le même résultat que 8 × 3. Apprendre l'un, c'est apprendre l'autre. La moitié du travail disparaît d'un coup.
- Les tables faciles (2, 5, 10) et les évidences (× 0 et × 1) se retiennent presque sans effort et couvrent une grande partie du tableau.
Une fois qu'on enlève tout cela, il ne reste vraiment qu'une petite poignée de résultats coriaces. L'enjeu n'est donc pas la quantité : c'est de rassurer l'enfant et de commencer par le bon bout.
Dans quel ordre apprendre les tables de multiplication ?
L'erreur classique : suivre l'ordre 1, 2, 3… jusqu'à 10. On tombe vite sur les tables difficiles et l'enfant se décourage. Mieux vaut avancer des plus faciles vers les plus dures, pour enchaîner les petites victoires :
- D'abord les gratuites : la table de 1 (le nombre ne change pas) et celle de 0 (tout fait 0).
- Ensuite les faciles : la table de 2 (les doubles), la table de 10 (on ajoute un zéro) et la table de 5 (le résultat finit toujours par 0 ou 5).
- Puis les moyennes : la table de 4 (il suffit de doubler deux fois) et la table de 3.
- Enfin les costaudes : 6, 7, 8 et 9. C'est là que se cachent les vrais points à travailler… mais ils sont bien moins nombreux qu'on ne le croit.
Cette progression suit d'ailleurs l'école : en général, on commence dès le CE1 (tables de 2, 5 et 10) et toutes les tables doivent être sues à la fin du CE2, avant d'être consolidées au CM1 et au CM2. Inutile donc de tout boucler en une semaine.

Les astuces pour retenir chaque table
Chaque table a sa petite ruse. En voici les plus efficaces, à tester dès ce soir :
| Table | L'astuce pour la retenir | Bon à savoir |
|---|---|---|
| × 2 | Ce sont les doubles : on ajoute le nombre à lui-même. | La plus simple, à voir en premier. |
| × 5 | Le résultat finit toujours par 0 ou 5 (5, 10, 15, 20…). | On peut aussi compter de 5 en 5. |
| × 10 | On ajoute un zéro au nombre : 10 × 7 = 70. | Immédiate. |
| × 4 | On double deux fois : 4 × 6, c'est 6 doublé (12) puis redoublé (24). | Découle de la table de 2. |
| × 9 | L'astuce des doigts (voir ci-dessous), et les deux chiffres du résultat font toujours 9. | La table préférée des enfants. |
| × 6, 7, 8 | Les dernières : grâce à la commutativité, il ne reste qu'une poignée de nouveaux résultats. | 6 × 7 = 42, 7 × 8 = 56… à travailler en dernier. |
La table de 9 sur les doigts. Mains à plat devant soi, les dix doigts alignés. Pour 9 × 4, on baisse le 4ᵉ doigt en partant de la gauche : il reste 3 doigts à gauche (les dizaines) et 6 à droite (les unités) → 36. Ça marche de 9 × 1 à 9 × 10, et l'effet « magie » fait mouche à tous les coups.
Autre repère pour la table de 9 : le chiffre des dizaines augmente de 1 à chaque ligne pendant que celui des unités diminue de 1 (09, 18, 27, 36…). Et si on additionne les deux chiffres du résultat, on retombe toujours sur 9. Un bon moyen de vérifier qu'on ne s'est pas trompé.
Pour les carrés, trois valeurs à connaître par cœur reviennent tout le temps : 6 × 6 = 36, 7 × 7 = 49 et 8 × 8 = 64. Ces astuces ne sont qu'un début : on peut inventer une image ou une phrase pour presque chaque résultat rebelle, comme le montrent nos 15 moyens mnémotechniques du CP au Bac.
Apprendre ses tables de multiplication en jouant, 5 minutes par jour
Le secret n'est pas la durée, c'est la régularité. Cinq minutes chaque jour battent une heure entière le dimanche soir. Le cerveau a besoin de revoir souvent et un peu, pas beaucoup d'un coup. Et le plus efficace des cinq minutes, c'est le jeu :
- La bataille multiplicative : chacun retourne une carte, le premier qui annonce le produit remporte le pli.
- Les dés à multiplier : on lance deux dés et on donne le résultat le plus vite possible.
- Le quiz-éclair : trois questions pendant le brossage de dents ou sur le trajet de l'école.
- La récitation en mouvement : une ligne de la table à chaque marche de l'escalier.
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Le planning pour apprendre ses tables de multiplication en 6 semaines
Voici un rythme réaliste, à adapter selon l'âge et l'aisance de votre enfant. Une nouvelle table par semaine, et surtout : on garde toujours quelques minutes pour revoir les précédentes.
- Semaine 1 : tables de 0, 1, 2 et 10 (les gratuites et les faciles).
- Semaine 2 : table de 5, puis mélange avec les précédentes.
- Semaine 3 : table de 4 (on double deux fois) et table de 3.
- Semaine 4 : table de 9 (l'astuce des doigts fait des merveilles).
- Semaine 5 : tables de 6, 7 et 8 — il ne reste qu'une poignée de résultats vraiment nouveaux.
- Semaine 6 : tout en désordre, en jeu, pour ancrer l'ensemble.
Un point capital : on progresse en se testant, pas en relisant. Relire la table donne l'illusion de savoir ; se poser la question et chercher la réponse, c'est ce qui grave réellement le résultat. Si une table résiste malgré tout, ce n'est pas grave : on ralentit et on garde le sourire, un peu comme lorsqu'il faut réviser sans transformer le moment en corvée.
L'essentiel à retenir
Apprendre ses tables de multiplication ne demande ni don ni marathon du dimanche soir. Trois réflexes suffisent : commencer par les tables faciles pour créer des victoires, s'appuyer sur les astuces (les doubles, le zéro, les doigts de la table de 9), et jouer cinq minutes par jour en interrogeant dans le désordre.
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Vos questions
À quel âge apprend-on les tables de multiplication ?
En général, l'apprentissage commence au CE1 avec les tables de 2, 5 et 10. Toutes les tables jusqu'à 9 doivent être connues à la fin du CE2, puis elles sont consolidées au CM1 et au CM2. Chaque enfant avance à son rythme : mieux vaut solide et progressif que rapide et fragile.
Dans quel ordre faut-il apprendre les tables ?
Pas dans l'ordre des chiffres ! On commence par les plus faciles pour enchaîner les réussites : 0 et 1, puis 2, 10 et 5, ensuite 4 et 3, et enfin les plus dures (6, 7, 8, 9). Grâce à la commutativité, la fin est bien plus courte qu'elle n'en a l'air.
Comment apprendre ses tables de multiplication rapidement ?
Cinq minutes de jeu chaque jour valent mieux qu'une heure le week-end. On utilise les astuces (doubles pour la table de 2, doigts pour la table de 9), on interroge dans le désordre et on se teste au lieu de relire. La régularité fait tout le travail.
Mon enfant n'y arrive pas, que faire ?
On ralentit et on dédramatise. On revient aux tables déjà acquises pour retrouver la confiance, on passe par la manipulation (gommettes, objets) et on célèbre chaque petit progrès. Si le blocage touche le calcul en général et persiste, parlez-en à l'enseignant.


